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  • St-Etienne 26.12.2026 10:00 - 17:00

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Événement

Bibliothèque vivante: Une Suisse impliquée, hier et aujourd’hui

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avec Izabel Barros, Hans Fässler, Aline Helg, Nicolas Monnier, Kanyana Mutombo, Jean-David Pantet, Fabio Rossinelli et Marilyn Umurungi

Une Bibliothèque vivante fonctionne comme une bibliothèque traditionnelle: ici, les livres sont des personnes. Au lieu de lire des pages, les participant-e-s engagent une conversation avec un-e «livre vivant», qui partage un chapitre de son histoire, de son engagement ou de sa réflexion.

Les «livres vivants» viennent de différents horizons en un moment privilégié pour découvrir des parcours et des idées inspirant-es, élargir ses perspectives et peut-être même réfléchir à sa propre histoire en compagnie d’historien-nes, chercheurs, acteurs et actrices de la vie civile et associative.

Chaque session de rencontre dure 30 minutes, par petits groupes de 5 à 6 personnes. 

Réservation des «livres vivants», sur place.

Inclus dans le prix d'entrée, sans inscription.

Château de Prangins

Avenue du Général Guiguer 3
1197 Prangins

Accessible en fauteuil roulant

Télécharger l’événement au format ics

CHF 13

Réservation

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+41 22 994 88 90

Izabel Barros

L’histoire d’une plantation au Brésil à travers le regard de femmes esclavisées

Cette intervention propose de découvrir l’histoire d’une plantation au Brésil appartenant à deux aristocrates suisses au 19e siècle, à travers le regard de femmes esclavisées. Elle invite à comprendre comment elles vivaient, résistaient et négociaient au quotidien dans un système de gestion sophistiqué et violent, tout en mettant en lumière les liens entre la Suisse et l'esclavage.

Izabel Barros est doctorante à l'Université de Lausanne. Sa thèse, intitulée «Motherhood and Slavery: A Global Microhistory of a Swiss-Owned Plantation in Bahia (1820-1860)», analyse les intersections entre genre, esclavage et histoire transimpériale. Elle s’engage dans des initiatives de Public History et d’action communautaire en Suisse, notamment en tant que co-initiatrice et co-autrice du projet de cartographie interactive Bern Kolonial (2020), et fait partie du collectif 'Das Wandbild muss weg!'.

Hans Fässler

La Suisse a-t-elle participé à l'esclavage et au colonialisme et en a-t-elle tiré profit?

Si, comme le montrent les expositions à Zurich et Prangins, la Suisse a participé à l'esclavage et au colonialisme et en a tiré profit, qu'en découle-t-il? Je propose: l'obligation de verser des réparations matérielles aux descendants et aux descendantes des victimes de ces crimes contre l'humanité.

L’historien Hans Fässler (né 1954) était parmi les premiers à lancer le débat sur le passé colonial de la Suisse avec son livre «Reise in Schwarz-Weiss. Schweizer Ortstermine in Sachen Sklaverei» (Zurich 2005, en français sous «Une Suisse esclavagiste. Voyage dans un pays au-dessus de tout soupçon», Paris 2007, épuisé). Le Saint-Gallois fait des recherches, écrit des articles, organise des visites guidées et donne des conférences. En 2019, il a fondé le «Comité suisse de réparation de l'esclavage» (SCORES), qui regroupe une centaine de personnalités.

Aline Helg

Se libérer de l’esclavage dans les Amériques

Dès le 16e siècle, bien avant l’abolitionnisme, de nombreux Africains et afrodescendants se sont libérés de l’esclavage, en recourant à des stratégies adaptées à leur contexte – fuite et marronnage, achat de la liberté, service militaire, révolte – jusqu’à contribuer massivement aux abolitions générales de la deuxième moitié du 19e siècle.

Aline Helg est historienne, professeure honoraire à l’Université de Genève. Ses domaines de recherche sont la construction de la nation multiculturelle dans les Amériques, la diaspora africaine, l’esclavage et le racisme. Voir Plus jamais esclaves! De l’insoumission à la révolte, le grand récit d’une émancipation (1492-1838) (La Découverte, 2016).

Nicolas Monnier

Missions et colonialisme: comprendre le passé pour éclairer aujourd’hui

Explorant les liens entre missions et colonialisme, l’association DM et Nicolas Monnier ouvrent le dialogue: quels enseignements en tirer et quel sens donner à la mission en 2026? En croisant archives et regard critique, l’objectif est de mettre en perspective un passé qui a contribué à façonner notre société actuelle et de mieux en comprendre les enjeux.

Après dix ans comme directeur de l’association DM – anciennement Département missionnaire des Églises réformées de Suisse romande, Nicolas Monnier est actuellement pasteur dans le canton de Vaud. Il a vécu les premières années de sa vie au Mozambique, pays dans lequel il habitera à nouveau six ans avec son épouse et leurs trois enfants. Il a étudié les sciences politiques et la théologie.

Kanyana Mutombo

La Colonisation dans les yeux d’un enfant de sept ans.

Comment la défense de la Dignité humaine et pour la justice est devenue une «boussole» pour Kanyana Mutombo

«Sale Nègre, ta place n’est pas ici!». Cette phrase a plus de soixante ans. Mais Kanyana s’en souvient encore aujourd’hui, comme si c’était hier. Adressée à son père, elle jaillit de la bouche du contrôleur belge du train, furieux: La petite famille est en première classe, espace réservée aux Blancs. Les enfants et leur mère implorent le père d’obéir. Car le contrôleur a menacé de les débarquer à la prochaine gare, en pleine nuit. Mais le père reste calme. À l’arrêt suivant, le chef de gare examine les papiers: le père a raison: avec son échelon élevé dans l’administration coloniale, il a un statut d’«évolué» qui l’assimile au Blanc! Revenu des vacances, Kanyana n’a de cesse, face à ses copains incrédules, de raconter comment son père, ce «héros», a vaincu l’homme Blanc calmement, avec les propres armes de l’oppression. Cette leçon le guide depuis. Elle est «devenue ma boussole» …

Né en 1949 à Lubumbashi (ex-Elisabethville), dans l’actuelle République démocratique du Congo, Kanyana est arrivé en Suisse en 1975 pour des études de doctorat en relations internationales au Graduate Institute in International Relations. Aujourd’hui, après avoir dirigé pendant près de vingt ans la revue très critique Regards Africains, il est depuis 2001 le secrétaire-général du CRAN-Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-Noir, premier mouvement Noir créé en Suisse, et il dirige l’UPAF-Université populaire africaine, première expérience en Europe.

Jean-David Pantet

Comment le passé colonial continue-t-il de façonner la Suisse d’aujourd’hui?

À travers le prisme du racisme structurel et d’une «culture du déni» qui tend à invisibiliser les vécus, cette rencontre interroge l’héritage colonial et ses effets concrets sur les personnes racisées en Suisse.

Jean-David Pantet Tshibamba est un activiste social engagé depuis le milieu des années 2010 pour les droits des personnes afro-descendantes en Suisse. Titulaire de diplômes en science politique (Université de Lausanne) et en études africaines (Université de Genève), il est cofondateur de l’Institut UPYA, un think tank dédié aux dynamiques africaines et diasporiques, ainsi que du Mouvement pour la Diversité dans les Institutions Suisses (MDIS), qui milite pour une représentation plus équitable des minorités, en particulier afro-descendantes, au sein des institutions publiques et politiques helvétiques.

Fabio Rossinelli

Comment étudier le rôle de l’État suisse dans l’impérialisme?

La recherche historique et les musées ont souligné récemment la participation des milieux privés de la Suisse aux réalités impériales et coloniales du passé. L’économie comme la mission y étaient présentes. Mais qu’en est-il du rôle de l’État? Comment les milieux publics du pays y ont participé?

Docteur en histoire contemporaine, Fabio Rossinelli enseigne et travaille dans différentes universités en Suisse romande, dont celles de Genève et Fribourg. Il est spécialiste d’histoire globale et impériale, avec une focale sur l’intégration suisse dans ce contexte au 19e siècle.

Marilyn Umurungi

Plus qu’une simple histoire d’enfant

Quel est le rapport entre l'Histoire de Babar et le racisme colonial? Comment les manuels scolaires véhiculent-ils les stéréotypes? En tant que «bibliothèque vivante», Marilyn Umurungi raconte comment les images et les idées coloniales ont perduré jusqu’au 20e siècle dans les livres pour enfants en Suisse.

Marilyn Umurungi est commissaire d’exposition, créatrice d’art et de culture. Dans son travail de médiation culturelle et artistique, elle s’intéresse aux mécanismes d’inclusion et d’exclusion dans le contexte historique et culturel de l’Europe et de la Suisse – souvent dans le contexte de mouvements sociaux ou de la culture populaire. Elle était co-commissaire de l’exposition «Colonialisme. Une Suisse impliquée» au Landesmuseum Zürich.

L'exposition

Dès le 16e siècle, des citoyens et des entreprises helvétiques entretiennent des liens étroits avec le système colonial. Quelques firmes suisses ainsi que des individus prennent part à la traite transatlantique, exploitent des personnes esclavisées et font fortune grâce au commerce de produits coloniaux. Des Suisses et des Suissesses partent comme missionnaires à travers le globe. D'autres, mus par la pauvreté ou la soif d'aventure, s'engagent comme mercenaires dans les armées européennes, lesquelles enchaînent les conquêtes territoriales et écrasent la résistance de peuples autochtones. Les universités de Zurich et de Genève enseignent et diffusent des thèses racistes qui connaissent une résonance internationale et servent à légitimer le système colonial.

Se basant sur les tout derniers résultats de la recherche avec, à l'appui, de nombreux objets, œuvres d'art, photographies et documents d'archives, l'exposition offre pour la première fois en Suisse romande, une vue d'ensemble de l'histoire des liens coloniaux de la Suisse. En prise directe avec l'actualité, elle s'interroge par ailleurs sur la signification de l'héritage colonial en Suisse aujourd'hui. 

En savoir plus sur l’exposition